Historique
Au milieu du 20ème siècle, le déclin de la chasse traditionnelle et de la pêche ainsi que la chute du prix des fourrures a remis en cause les modes de vie des Inuit. A partir de là, une période de grands changements s'est ouverte. A la fin des années 1950 et 1960, les Inuits sont incités à se sédentariser. Dans les années 1955-1965, la sédentarisation s'organise autour des installations existantes (services scolaires et médicaux). Les familles inuit sont regroupées dans des villages permanents, appelés "communautés ", équipées de maisons préfabriquées, d'écoles et de dispensaires.
Les savoir-faire et les techniques de survie des Inuit ont peu de place dans la société économique moderne. Leurs possibilités de trouver du travail sont extrêmement limitées. En cette période de transitions, des fonctionnaires canadiens ont attiré l’attention des autorités sur les compétences des Inuits. En cherchant à survire dans le climat rigoureux de l’Arctique, ils ont développés des savoir-faire afin de transformer les ressources naturelles en outils, vêtements… Cette expérience, transposée au monde moderne, a transformé des chasseurs nomades en artistes. Le gouvernement met alors en place des projets d'art et d'artisanat. Les premiers produits de ces artistes, des sculptures en pierre, en ivoire et en os, furent accueillis avec enthousiasme dans le monde artistique. Alors que la renommée et la valeur commerciale des sculptures augmentaient graduellement, les artistes inuit se tournèrent également vers les arts graphiques et les arts textiles.
De la couturière à l’artiste
Traditionnellement, la couture était une compétence essentielle pour la survie des Inuits menant une vie nomade dans ce Grand Nord inhospitalier. La famille entière dépendait du talent des femmes en couture, tant les hommes à la chasse que le nouveau-né emmitouflé dans le capuchon de la parka de sa mère. Pendant les longs mois d'hiver dans leurs igloos, les femmes ornaient leurs parkas et vêtements de motifs colorés. Toutes ces compétences ont été transférées à l'art textile moderne des femmes inuit d'aujourd'hui. Ces couturières transposent aisément leurs talents dans leurs créations contemporaines qui dépeignent les animaux de l'Arctique, le style de vie des Inuits et les croyances spirituelles de leurs ancêtres
Les tapisseries
Ces tapisseries sont l’œuvre de femme Inuite du hameau de Baker Lake au Nunavut.
Elles dépeignent des scènes de chasse traditionnelles et des symboles énigmatiques qui ont une importance particulière dans la culture inuite. Dans toutes les œuvres, l’accent est mis sur la nature. Véritable témoignage des modes de vie inuits, ces tapisseries nous renseignent aussi sur la faune du Grand Nord.
Ces artistes très expressives utilisent des couleurs vivre pour garder la mémoire de leur tradition, de leurs croyances ou de leur mythes.