L’EXPOSITION « HACHE DE GUERRE, LES BUCHERONS CANADIENS DANS LES FORETS NORMANDES »
VISITES COMMENTEES par Mathieu Le Goic, commissaire de l'exposition, le dimanche 1er aout à 15h et le samedi 16 octobre à 14h30.
UN ASPECT MECONNU DE LA VIE A L’ARRIERE : L’EXPLOITATION DU MONDE FORESTIER
La vie au front a fait l’objet de nombreux travaux de recherche, de publications, d’expositions.
Les historiens s’intéressent de plus en plus à l’arrière, dont l’essentiel de l’activité était tendu vers la zone des combats.
A travers les activités du corps forestier canadien à l’arrière, c’est un monde peu connu qui est donné à voir, des populations étrangères très importantes qui apparaissent au grand jour : troupes alliées affectées aux activités d’approvisionnement et de logistique, prisonniers de guerre allemands, travailleurs russes, marins scandinaves, objecteurs de conscience donnent aux régions éloignées du front une connotation militaire insoupçonnée.
Les efforts de production, la solidarité entre les populations locales et les troupes alliées, l’entente cordiale, le quotidien des troupes étrangères, les occasions de réjouissances transparaissent à la lecture des archives ou à l’examen des photographies.
La première exposition consacrée au corps forestier canadien en France
La présente exposition a pour ambition de faire mieux connaître une contribution méconnue des Canadiens à la première guerre mondiale. Si la présence ces Canadiens sur le front est bien connue des historiens, leur rôle dans la mobilisation des ressources forestières anglaises et surtout françaises pour l’effort de guerre n’a laissé dans la mémoire collective que des traces très diffuses, les principaux départements concernés ayant conservé peu de sources de la présence canadienne sur leur sol.
La découverte dans les fonds iconographiques des Archives de l’Orne d’une photographie de bûcherons canadiens autour d’une locomotive de la 1st canadian forest company en forêt de SaintÉvroult a amené le Département de l’Orne à reconstituer le fil de cette histoire dans l’Orne, en Normandie et, dans une moindre mesure, sur le territoire national. Si quelques travaux de recherche très ponctuels ont été réalisés, aucune exposition n’a à ce jour illustré le rôle du corps forestier canadien.
LE PARCOURS DE VISITE
De nombreux documents inédits
L’exposition Haches de guerre a sollicité les ressources documentaires et iconographiques de nombreuses institutions britanniques (Imperial war museum, National library of Scotland), canadiennes (Bibliothèque et Archives du Canada, Musée de la guerre du Canada, Office national du film du Canada) et françaises.
Les sources archivistiques officielles (archives militaires, préfectorales, judiciaires), la presse locale, figurent dans le parcours de l’exposition, structuré autour de ressources iconographiques inédites de grand intérêt.
Des films anglais, canadiens et français
Les autorités britanniques et françaises ont eu à cœur de fixer sur la pellicule l’action du corps forestier canadien ou encore la célébration du Dominion Day sur une plage de Deauville. Ces films conservés par l’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense, l’Imperial war museum de Londres et l’Office National du Film du Canada sont présentés dans l’exposition.
Un ensemble exceptionnel de photographies
L’exposition offre à la découverte le plus vaste ensemble de photographies jamais réuni sur ce thème. Outre le fonds des Archives de l’Orne, qui comprend plusieurs dizaines de photographies du corps forestier canadien à l’œuvre, et les fonds des institutions partenaires, le fonds de photographies (plus de 600) réalisées par Paul Lancre en 1918 et 1919 en forêt de Bellême constitue une documentation d’un intérêt exceptionnel. Photographe amateur à La Perrière, Paul Lancre a fixé sur ses plaques photo les hommes, les gestes, les matériels, les fêtes, les cérémonies comme les moments tristes avec un sens remarquable du cadre et de la composition et une méticulosité de documentariste.
Munnings, peintre anglais aux côtés du corps forestier canadien en France
Alfred Munnings, peintre anglais qui deviendra par la suite président de la Royal academy of arts, est chargé de fixer sur la toile l’activité du corps forestier canadien. Il réalise 16 tableaux en forêts de Bellême, de Dreux, dans les Vosges et le Jura. Des fac-simile de ces peintures sont présentées dans l’exposition.
Découvrez le corps forestier canadien en 3D en forêt de Bellême
A travers l’oeil du photographe Paul Lancre, ajoutez de la profondeur aux images de la première guerre mondiale. La stéréoscopie des plaques photographiques réalisées par Paul Lancre en 1918 et 1919 en forêt de Bellême est transposée par traitement numérique pour offrir une vision en 3D de l’image.